C'est la question que se pose tout propriétaire francilien avant de se lancer : a-t-on le droit de louer en Airbnb, et si oui, sous quelles conditions ? La réponse honnête tient en trois points : une déclaration est toujours obligatoire, quel que soit le bien. Un plafond de nuitées s'applique si c'est votre résidence principale. Et si ce n'est pas votre résidence principale, un changement d'usage peut être requis selon les règles locales — qui varient d'une commune à l'autre. Voici le guide complet, fondé sur les textes.
01Deux situations, deux régimes : le statut du bien détermine tout
Avant de publier une annonce Airbnb en petite couronne, la première question n'est pas « quelle plateforme ? » mais « quel est le statut juridique de ce bien ? ». De la réponse découlent des obligations très différentes.
- Résidence principale (vous y habitez effectivement plus de huit mois par an) : la location courte durée est autorisée, dans la limite d'un plafond annuel de nuitées, moyennant une déclaration préalable et un numéro d'enregistrement. Aucun changement d'usage n'est requis dans cette limite.
- Résidence secondaire ou bien dédié (appartement d'investissement, studio secondaire, bien qui n'est pas votre adresse habituelle) : louer en meublé de tourisme constitue légalement un changement d'usage. Une autorisation préalable peut être nécessaire — selon que votre commune ou établissement public territorial (EPT) a délibéré en ce sens ou non.
Ces deux régimes ne se mélangent pas. Identifier clairement votre situation est la première étape — avant même d'ouvrir le portail de déclaration en ligne.
02Résidence principale : déclaration, numéro d'enregistrement et plafond de 120 nuits
Si le logement est votre résidence principale, vous pouvez le louer en meublé de tourisme sans changer son usage légal. Deux obligations s'imposent néanmoins, dans l'ensemble des communes de zone tendue — ce qui couvre la totalité du 92, du 93 et du 94.
- Déclaration préalable et numéro d'enregistrement. Vous devez déclarer votre logement auprès de la mairie et obtenir un numéro d'enregistrement à afficher sur votre annonce avant la première nuitée. Le portail service-public.fr centralise cette démarche dans de nombreuses communes. (Réf. : art. L.324-1-1 Code du tourisme, consultable sur Légifrance.)
- Plafond de 120 nuitées par an. La location de votre résidence principale est limitée à 120 nuits par an, toutes plateformes confondues. Certaines communes ont délibéré pour abaisser ce plafond à 90 nuits — c'est le cas, par exemple, à Vitry-sur-Seine et Ivry-sur-Seine dans le 94. Vérifiez auprès de votre mairie. Au-delà du plafond, les nuitées excédentaires constitueraient un changement d'usage non autorisé.
Ces obligations s'appliquent que votre commune ait ou non instauré un régime de changement d'usage. Le numéro d'enregistrement est obligatoire dès la première nuitée — sans lui, votre annonce n'est pas en règle.
03Résidence secondaire ou bien dédié : le changement d'usage
Pour tout bien qui n'est pas votre résidence principale, louer en meublé de tourisme constitue un changement d'usage au sens du Code de la construction et de l'habitation. Dans les communes de la petite couronne (toutes en zone tendue), les communes ou EPT peuvent — c'est le mot de la loi — décider par délibération d'imposer une autorisation préalable avant toute mise en location.
Deux situations en pratique :
- La commune a délibéré : une demande d'autorisation est obligatoire auprès du service urbanisme. Cette autorisation peut être accordée sans compensation (droit de louer sans contrepartie), sous des durées limitées et avec un quota par propriétaire. Elle peut aussi exiger une compensation — remettre simultanément une surface équivalente en habitation permanente dans la même commune — ce qui rend la location sur bien dédié quasi impossible pour la plupart des particuliers.
- La commune n'a pas délibéré : aucun changement d'usage n'est requis pour le moment. La déclaration et le numéro d'enregistrement restent obligatoires. C'est le cas de plusieurs communes de la petite couronne qui n'ont pas encore adopté leur propre règlement.
La prudence s'impose : les délibérations évoluent, et une mise en location sans autorisation expose à une amende civile pouvant atteindre 100 000 € par logement depuis la loi n°2024-1039 du 19 novembre 2024 dite « loi Le Meur ». Vérifier auprès de la mairie avant de publier est la seule façon de se mettre en règle.
04Ce que dit la loi — le texte de l'article L.631-7 CCH
Le fondement légal du changement d'usage est l'article L.631-7 du Code de la construction et de l'habitation. Sa version en vigueur depuis le 21 février 2026 (Légifrance — LEGIARTI000053546358) comporte deux extraits à retenir.
« La présente section est applicable aux communes dont la liste est fixée par le décret mentionné au B du I de l'article 1406 bis du code général des impôts. Dans ces communes, le changement d'usage des locaux à usage d'habitation peut être soumis, sur décision de l'organe délibérant, à autorisation préalable. »
« Le fait de louer un local meublé à usage d'habitation en tant que meublé de tourisme, au sens du I de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme, constitue un changement d'usage au sens du présent article. »
Trois points à retenir de ces extraits : (1) le décret visé couvre notamment l'ensemble des communes de la petite couronne (92, 93 et 94) ; (2) la loi dit « peut être soumis », non « est soumis » — c'est la délibération locale qui active ou non l'obligation ; (3) louer en meublé de tourisme, même quelques nuits, suffit à caractériser le changement d'usage pour un bien qui n'est pas la résidence principale.
05En pratique dans le 92, le 93 et le 94 : panorama des régimes communaux
Voici un aperçu des régimes communaux à titre d'illustration. Ces informations reflètent les délibérations connues à la date de publication et doivent être vérifiées directement auprès du service urbanisme de la mairie ou de l'EPT avant toute décision — les règlements peuvent évoluer.
Hauts-de-Seine (92). Les quatre EPT du département ont tous adopté un règlement. Les situations varient : certaines communes imposent une compensation dès le premier bien (Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Malakoff, Bagneux…) ; d'autres accordent une autorisation sans compensation pour un premier logement, à titre personnel (Vanves, Meudon, Chaville, Asnières-sur-Seine, Clichy, Villeneuve-la-Garenne, Suresnes…) ; plusieurs n'ont pas encore adopté leur propre délibération et n'imposent actuellement aucun régime de changement d'usage pour un bien dédié (Antony, Clamart, Montrouge, Fontenay-aux-Roses…).
Val-de-Marne (94). À Choisy-le-Roi, une délibération de l'EPT Grand-Orly Seine Bièvre accorde une autorisation sans compensation, valable plusieurs années et renouvelable, dans la limite de deux logements par propriétaire. À Villejuif, selon le site officiel de la commune, une autorisation sans compensation est accordée pour 5 ans, renouvelable, pour un premier bien. Vitry-sur-Seine et Ivry-sur-Seine imposent une compensation dès le premier bien, ce qui ferme la location sur bien dédié à la grande majorité des particuliers. Dans le secteur Grand Paris Sud Est Avenir (Créteil, Alfortville et d'autres communes), une autorisation sans compensation est accordée pour 2 ans dans la limite de 2 logements par loueur — à confirmer auprès de chaque mairie.
Seine-Saint-Denis (93). L'EPT Est Ensemble (Bagnolet, Pantin, Bobigny, Montreuil et d'autres communes) a adopté en 2024 un règlement commun : autorisation sans compensation, à titre personnel, pour une durée limitée, dès le premier logement. Seule la commune des Lilas fait exception avec une obligation de compensation. Ces informations sont à confirmer auprès de chaque commune.
Ce panorama illustre une réalité simple : deux communes voisines peuvent avoir des règles opposées. La seule façon de savoir ce qui s'applique à votre bien est de contacter le service urbanisme de la mairie ou de l'EPT compétent.
06Le rôle d'Elysior dans vos démarches
Les démarches administratives — déclaration, numéro d'enregistrement, demande de changement d'usage — sont des actes que le propriétaire accomplit en son nom propre. C'est lui qui signe et dépose les formulaires. Cette règle est aussi celle qu'Elysior respecte, pour une raison légale précise : une société qui déposerait des demandes d'autorisation au nom d'un propriétaire exercerait une activité réglementée par la loi n°70-9 du 2 janvier 1970 dite « loi Hoguet », qui exige une carte professionnelle spécifique pour la gestion immobilière pour compte de tiers. Ce n'est pas notre activité.
Ce que nous faisons : vous orienter. Identifier le règlement applicable à votre commune, vous indiquer les pièces à réunir, vous renseigner sur l'interlocuteur à contacter. Pour les propriétaires de Villejuif ou de Choisy-le-Roi, nous connaissons déjà les règles locales en détail. Une fois vos autorisations obtenues, la conciergerie prend le relais : annonce optimisée, pricing dynamique, accueil voyageurs, ménage hôtelier, reporting mensuel. Notre article sur le fonctionnement concret d'une conciergerie détaille ce que nous prenons en charge dès le premier jour.
Pour savoir si votre commune est éligible et ce que votre bien peut générer une fois les démarches accomplies, l'estimation personnalisée et gratuite est le bon point de départ.
07Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement déclarer sa location Airbnb en petite couronne ?
Oui — dans tous les cas. Toute location meublée de courte durée dans une commune de zone tendue (l'ensemble des communes du 92, du 93 et du 94) impose une déclaration préalable en mairie et l'obtention d'un numéro d'enregistrement à afficher sur l'annonce. Cette obligation s'applique que votre bien soit votre résidence principale ou un bien dédié, et que votre commune ait ou non instauré un régime de changement d'usage.
Qu'est-ce que le changement d'usage en location courte durée ?
C'est la transformation légale de l'affectation d'un local à usage d'habitation. L'article L.631-7 du Code de la construction et de l'habitation précise que « le fait de louer un local meublé à usage d'habitation en tant que meublé de tourisme constitue un changement d'usage ». Dans les communes qui ont délibéré, cette transformation exige une autorisation préalable, avec ou sans compensation. Pour votre résidence principale, la loi prévoit une exception : vous pouvez louer jusqu'à 120 nuits par an sans changement d'usage, avec simple déclaration.
Ma commune impose-t-elle une compensation pour un bien dédié ?
Pas nécessairement. La compensation — remettre simultanément en habitation une surface équivalente dans la même commune — n'est requise que si le règlement local le prévoit. Certaines communes l'exigent dès le premier logement (Vitry-sur-Seine, Boulogne-Billancourt, Malakoff…) ; d'autres accordent une autorisation sans compensation pour un premier bien (Choisy-le-Roi, Vanves, Asnières-sur-Seine…) ; d'autres encore n'ont pas adopté de règlement. Seul le service urbanisme de votre mairie ou EPT peut confirmer la règle applicable à votre bien.
Elysior peut-il déposer le dossier de changement d'usage à ma place ?
Non. Comme toute conciergerie d'hospitalité, Elysior ne peut pas déposer en votre nom des actes d'administration de votre bien — cela relèverait d'une activité réglementée par la loi Hoguet (loi n°70-9 du 2 janvier 1970), qui exige une carte professionnelle spécifique. En revanche, nous pouvons vous orienter sur les règles de votre commune, vous indiquer les démarches à suivre et les pièces à réunir. Une fois vos autorisations obtenues, nous prenons en charge l'intégralité de la gestion — annonce, pricing, voyageurs, ménage, reporting.


